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Conférences

RESPONSABILITE UNIVERSELLE,
DEVOIRS HUMAINS ET DROITS DE LA NATURE

Conférence de Sofia Stril-Rever (résumé)

6ème Conférence internationale annuelle sur
Les droits de la nature pour la paix et le développement durable

Nations Unies, Genève, 11-12 décembre 2017

L’Anthropocène, « Âge de l’humanité », est contemporain de l’émergence d’une conscience planétaire au sein de l’écosystème Terre. Un nouveau paradigme d’inclusivité s’impose, fondé sur l’interdépendance et la communauté indivisible de la vie. En 2017, la reconnaissance de la nature comme sujet de droit se généralise, ce qui implique de redéfinir nos devoirs humains à son égard. Dans ce contexte, la nécessité d’assumer une responsabilité universelle prend tout son sens. Le Dalaï-lama nous y a appelés depuis les tribunes internationales dès 1973, année de son premier voyage en occident. Il reçut en 1989 le prix Nobel de la Paix, notamment pour son engagement en faveur de la responsabilité universelle, comme principe éthique régissant les relations humaines comme nos liens avec toutes les formes de vie sur cette planète.

Le leader tibétain n’a cessé de marteler que, faute d’avoir reconnu que c’est en se transformant que l’on transforme le monde, aucun des grands idéaux démocratiques ou sociétaux proclamés des siècles durant n’avait véritablement réussi à apporter la paix, la justice sociale et la fraternité promises. Un système de pensée purement extérieur ne saurait donc suffire. Face à l’urgence environnementale, dans 2 livres événements, Nouvelle réalité (2016) et Faites la Révolution (2017), coécrits avec Sofia Stril-Rever, il nous exhorte à transformer l’Anthropocène en Âge de la responsabilité universelle, en faisant une révolution de la compassion, afin de devenir citoyens de la Terre, dans une fraternité élargie à la biosphère et à la vie naturelle.

Sofia Stril-Rever, écrivain et conférencière, biographe du Dalaï-lama, est la porte-parole fondatrice de l’association Peace and Universal Responsibility Europe (P.U.R.E.). Elle enseigne des méditations de guérison intérieure et de responsabilité universelle.

www.responsabilite-universelle.org


UNIVERSITE E5T 2017 – LA ROCHELLE


« CLIMAT ET CONSCIENCE »

Intervenante : Patricia Savin Présidente d’Orée, Avocate associée DS Avocats

Madame la Présidente, Mesdames et messieurs,

« Climat et conscience », quel merveilleux thème !

Avons-nous conscience que le dérèglement climatique peut générer :
-  une multiplication des maladies vectorielles : choléra, maladie de Lyme ;
-  des inondations côtières 2 fois plus importantes ;
-  des vagues de chaleur en France avoisinant les 50 ° à la fin du siècle ;
-  la liste est encore longue…

Selon les estimations de l’ONU, d’ici 2050, 250 millions de personnes pourraient être forcées de s’exiler à cause des bouleversements du climat.

A ce jour, le monde compte trois fois plus de réfugiés climatiques que de réfugiés de guerre. Pourtant, contrairement aux réfugiés politiques, les réfugiés, déplacés climatiques n’ont pas encore de statut juridique international, même si les avocats de Paris portent un projet de statut juridique des déplacés environnementaux, dont je pourrai m’entretenir avec celles et ceux que cela intéresse.

Avons-nous réellement conscience de tous ces enjeux ?

Je pense que nous en avons la Connaissance grâce aux multiples études, rapports, publications, mais nous n’en avons pas la Conscience. En effet, malgré toute cette connaissance, les scientifiques ne cessent de lancer des cris d’alarmes désespérés.

Dans la revue Earth System Dynamics de juillet 2017, 15 scientifiques de renom ont lancé un nouvel appel à prendre conscience du péril climatique.

Malgré la ratification par 145 Etats de l’Accord de Paris et la publication de 189 politiques nationales, nous continuons de réchauffer la planète à très grande vitesse créant une insécurité climatique planétaire source de confits et crises majeures.
L’insouciance climatique rejoint l’insouciance technologique.

L’appel des chercheurs climatologues rappelle l’appel d’août 2017 d’une centaine d’industriels et chercheurs adressé à l’ONU pour l’inviter à agir très vite pour encadrer le développement des armes autonomes (les robots armés). Il y a urgence :

« Une fois développées, ces armes permettront aux conflits armés d’avoir lieu à une échelle plus grande que jamais et dans un temps trop rapide pour la compréhension humaine.
Elles peuvent devenir des armes de terreur, (…) il sera possible de les pirater pour qu’elles se comportent de manière indésirable.
Nous n’avons pas beaucoup de temps pour agir. Une fois cette boîte de pandore ouverte, elle sera difficile à refermer.
Nous demandons à l’ONU de trouver un moyen de nous protéger contre ces dangers ».
Le paradoxe est que parmi ces signataires - lanceurs d’alerte - figurent des entreprises qui déploient à grande échelle l’intelligence artificielle…, tel que Tesla avec ses véhicules autonomes.

Insouciance / inconscience climatique,
Insouciance / inconscience technologique.

Comment sortir enfin de notre insouciance collective, de notre « délire collectif » disait notre ami Michel Giran qui nous a quitté cet été, après avoir tant œuvré pour un futur meilleur, et à qui je rend ici hommage ?

Pourquoi tant de lenteur, d’inertie, d’insouciance ?
La réponse n’est-elle pas justement dans la différence entre Connaissance/Science et Conscience ? « Science sans conscience… », disait déjà Rabelais.

La Science se veut objective, elle est une connaissance et si possible une maitrise de l’ordre des choses. La conscience est subjective, elle nous fait réfléchir sur nous-mêmes, sur nos actions et les conséquences de nos actions. La conscience nous invite à contempler notre propre subjectivité, et identifier ce qui est réellement indispensable.


Alors comment reprendre Conscience ?

Comment se réveiller, se réhumaniser collectivement pour éviter la catastrophe d’un monde d’injustice climatique ?
Comment éviter la catastrophe d’un monde où l’on s’affrontera pour l‘eau, la terre, l’alimentation, et ce au moyen d’armes autonomes conçues dans la même insouciance et la même injustice, cette fois technologique ?

Les grandes traditions de sagesse apportent des réponses concordantes.

Dans son discours du 8 novembre 1997, le Patriarche œcuménique Bartholomée interroge sur les racines éthiques et spirituelles des problèmes environnementaux.

Il invite à ce que nous trouvions des solutions - non seulement grâce à la technique - mais encore à travers un changement de l’être humain, parce qu’autrement nous ne ferions qu’affronter les symptômes. Il nous propose de passer :
-  de l’avidité à la générosité,
-  du gaspillage à la capacité de partager, dans une ascèse qui signifie apprendre à donner et non simplement à renoncer.

Dans son Encyclique du 24 mai 2015 « Loué sois-tu », le Pape François met également en exergue la racine humaine de la crise écologique.
Il nous appelle tous – croyants et non-croyants - à la « conversion écologique », considérant que :

« [il ne sera pas possible] de s’engager dans de grandes choses (…) sans ces mobiles intérieurs qui poussent, motivent, encouragent et donnent sens à l’action personnelle et communautaire (...)
s’il est vrai que les déserts extérieurs se multiplient dans le monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands,
la crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure qui suppose diverses attitudes qui se conjuguent pour promouvoir une protection généreuse de la planète : gratitude et gratuité, volonté et reconnaissance du don que constitue pour vous notre future planète, conscience de ne pas être déconnectés des autres créatures, [conscience] de former avec les autres êtres de l’univers une belle communion universelle ».

Dans son Manifeste pour la Responsabilité Universelle de septembre 2015 écrit par sa biographe française Sofia Stril-Rever, le Dalaï Lama forme un appel très similaire. Il invite chacun à 3 prises de conscience :
1. Paix Intérieure et réalité partagée de la vie
2. Humanité intérieure
3. Force de la vérité

Le 13 septembre 2016, lors d’une rencontre avec les avocats du barreau de Paris dont je suis, le Dalaï-lama invitait la communauté juridique à s’impliquer en intégrant totalement les enjeux de responsabilité universelle.

Avec mes amis, Sofia Stril-Rever, et Khoa Nguyen, présidente de l’association « Paix et responsabilité universelle », nous avons ainsi crée en 2017, un cycle de rencontres intitulés « Droit et Conscience », pour croiser en pluridisciplinarité les grandes questions de sociétés et intégrer les pratiques de l’intériorité issue de la tradition méditative et des dernières découvertes des neurosciences contemplatives.

Le prochain cycle se prépare actuellement et j’aurais plaisir à vous y accueillir.


Mesdames et Messieurs, Chers amis,
Malgré les prévisions négatives et alarmistes, malgré l’ambiance générale parfois très anxiogène, je demeure persuadée que nous avons le devoir - individuel et collectif - d’être porteur d’un message positif et constructif de la Société.

« Ce qui nous rassemble doit être plus fort que ce qui nous divise. »
Ce qui nous rassemble d’abord, c’est notre Terre et notre Humanité.

Ensemble - unis, forts et convaincus qu’une autre vision économique, humaine et environnementale est possible – nous pourrons accompagner notre Société dans son indispensable mutation écologique, énergétique et humaine.


Alors, tendons, avec Foi, Force, Courage et Détermination,
à « être le changement que nous voulons voir dans le monde », pour ceux et celles que nous aimons et pour notre planète.

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible », disait Saint-Exupéry. Ensemble, rendons cet avenir possible... en Conscience

Vive la justice Climatique
Merci










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Image source : Shutterstock