Droit & Conscience
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Déclarations d’intention

Message de Sofia Stril-Rever

La rencontre du 13 septembre 2016 au Barreau de Paris avec le Dalaï-lama, sur le thème « Responsabilité universelle, droit et environnement » a été exceptionnelle à plus d’un titre. Exceptionnelle de par la présence du Dalaï-lama et de son invité, Me Robert Badinter. Exceptionnelle de par l’accueil de M. le Bâtonnier, Me Frédéric Sicard, de Mme la Responsable de la Commission Développement durable, Me Patricia Savin, et de toutes les personnalités présentes. Exceptionnelle de par l’intérêt porté à nos échanges tant du côté du Dalaï-lama que des avocats et hauts magistrats, venus particulièrement nombreux.

Le Dalaï-lama ayant exprimé, ce 13 septembre 2016, le souhait de voir se poursuivre la réflexion amorcée lors de sa conférence au Barreau de Paris, Me Patricia Savin, Khoa Nguyen et moi-même vous proposons d’initier le Dialogue Droit et Conscience par un premier cycle de Rencontres-formation. Et je souhaiterais exprimer dans ce message quelles sont ma motivation et ma conviction, alors que nous lançons ce dialogue inédit.

L’objectif premier du droit est de définir les règles d’un consensus afin que les rapports sociaux ne soient pas soumis à l’arbitraire et à la violence des individus. L’interaction du droit et de la conscience pose la question de la cohérence normative et vise à intégrer les règles abstraites et obligatoires du droit dans l’intériorité de l’être, la conscience.
Le droit indique ce qui doit être fait. Comment faire en conscience ce qui doit être fait ? Tel est l’objet de notre dialogue qui croise d’une part la réflexion juridique sur les grands enjeux sociétaux, d’autre part, la pratique de l’intériorité issue de la tradition méditative et d’une éthique basée sur les dernières découvertes des neurosciences contemplatives.

Je suis animée de la conviction que l’interaction Droit et Conscience peut contribuer à aligner normes sociales et humanité intérieure, faisant ainsi avancer dans nos vies les valeurs de paix, de tolérance, de pardon, de justice. L’aggravation actuelle des fractures économiques, sociales et intergénérationnelles est cause de violence exponentielle. La question se pose de savoir comment faire pour que le droit à la paix et les droits humains en général ne restent pas purement déclaratifs mais deviennent un vécu partagé et un engagement de paix avec soi-même, avec les autres et avec l’environnement.

Je suis animée également de la conviction que la paix intérieure est la voie la plus sûre de la paix avec les autres et de la paix dans le monde, afin d’assumer pleinement son humanité. C’est pourquoi je propose dans le cadre de la formation Droit et Conscience d’introduire la méditation de la paix intérieure, associée au yoga de la respiration, tel que le Dalaï-lama l’expliqua brièvement et le recommanda comme anti stress radical le 13 septembre 2016.

Ma conviction est enfin que le dialogue Droit et Conscience est susceptible de devenir une force de proposition majeure pour l’évolution de nos sociétés. Car face aux grands défis de notre temps, notamment l’urgence environnementale, nous avons besoin d’évoluer vers des mutations radicales au plan de la personne comme de la société. Or l’interaction Droit et Conscience a pour singularité d’articuler l’engagement collectif, relevant du domaine du droit, et l’engagement individuel, relevant du domaine de l’éthique et de la conscience. Le point de rencontre entre ces deux engagements, critiques dans la phase actuelle d’urgence environnementale, se situe dans la double réalisation de nos interdépendances avec la totalité du vivant, humain comme non humain, et de notre responsabilité universelle. Chacun est partie prenante de l’écosystème Terre et il en garantit la protection, car le droit à la vie des générations futures en dépend. Assumer cette responsabilité universelle dans la pleine conscience des enjeux planétaires est devenu aujourd’hui selon le Dalaï-lama « la condition de survie de l’humanité ».

Des réformes sont donc à la fois nécessaires et urgentes pour passer du droit, tel que nous le connaissons, présentiste et individualiste, à un droit international contraignant, visant à préserver le renouvellement de la biocapacité terrestre. C’est le seul rempart contre l’effondrement des écosystèmes et les affrontements qui se produisent déjà et s’amplifieront dans un monde où les experts prévoient qu’1 personne sur 7 deviendra déplacée climatique d’ici 2050.
Mais nous le savons, les réformes nécessaires et en cours d’élaboration, si pertinentes qu’elles soient, ne sont cependant pas suffisantes. La transition juridique doit s’accompagner d’une transition intérieure pour placer l’altruisme et la paix au cœur de nos vies, pour évoluer d’une culture de la performance, de la concurrence et de la compétition, à une culture du partage, de la justice et de la solidarité.

En rapprochant droit et conscience, ma conviction est que nous nous donnons une chance d’assumer la communauté de destin de l’humanité en devenant, ensemble et individuellement, le changement que nous voulons pour le monde, selon la formule de Gandhi qui éclaire ma vie.
C’est donc forte de ces convictions, que je me réjouis de vous accueillir au sein de la formation Droit et Conscience.

Sofia Stril-Rever
Paris, le 17 novembre 2016
www.responsabilite-universelle.org

Message de Patricia Savin

Avons-nous conscience que le dérèglement climatique peut générer une multiplication des maladies vectorielles : choléra, maladie de Lyme ; des inondations côtières 2 fois plus importantes ; des vagues de chaleur en France avoisinant les 50 ° à la fin du siècle ; la liste est encore longue…
Selon les estimations de l’ONU, d’ici 2050, 250 millions de personnes pourraient être forcées de s’exiler à cause des bouleversements du climat. A ce jour, le monde compte trois fois plus de réfugiés climatiques que de réfugiés de guerre. Pourtant, contrairement aux réfugiés politiques, les réfugiés, déplacés climatiques n’ont pas encore de statut juridique international, même si les avocats de Paris portent un projet de statut juridique des déplacés environnementaux, dont je pourrai m’entretenir avec celles et ceux que cela intéresse.
Avons-nous réellement conscience de tous ces enjeux ? Je pense que nous en avons la Connaissance grâce aux multiples études, rapports, publications, mais nous n’en avons pas la Conscience. En effet, malgré toute cette connaissance, les scientifiques ne cessent de lancer des cris d’alarmes désespérés.
Dans la situation actuelle d’état d’urgence économique, sociale, sécuritaire, climatique, outre les priorités économiques et sociales, les grands défis de notre temps sont à relever par chacun et chacune d’entre nous.
L’Humanité a la connaissance. A-t-elle en revanche suffisamment développé sa Conscience. Hommes et femmes de droit, la réflexion juridique se doit d’être nourrie d’apports sociétaux, permettant une compréhension globale des défis sans précédents auxquels l’Humanité est confronté. Le cycle « Droit et conscience » répond à l’aspiration de porter les valeurs et l’idéal humaniste qui font l’honneur de la profession d’avocat, dans un contexte de tensions grandissantes où il devient plus essentiel que jamais de trouver un chemin de paix et d’équilibre intérieur.

Il s’agit de se questionner – individuellement – sur les valeurs humanistes et universelles qui peuvent conduire nos actions individuelles et collectives. Ces valeurs vécues donnent du sens à nos actions et à notre vie.

Les questionnements abordés dans ce cycle Droit et Conscience consistent à donner un éclairage et une réflexion pluridisciplinaire aux sujets de société. Il s’agit de donner toute sa dimension au changement de paradigme dont nous avons besoin pour faire évoluer notre société d’une culture de la performance et de la concurrence vers une culture du partage et des solidarités, dans le respect du vivant et des générations futures.

Malgré les prévisions négatives et alarmistes, malgré l’ambiance générale parfois très anxiogène, je demeure persuadée que nous avons le devoir - individuel et collectif - d’être porteur d’un message positif et constructif de la Société. « Ce qui nous rassemble doit être plus fort que ce qui nous divise. » Ce qui nous rassemble d’abord, c’est notre Terre et notre Humanité.

Ensemble - unis, forts et convaincus qu’une autre vision économique, humaine et environnementale est possible – nous pourrons accompagner notre Société dans son indispensable mutation écologique, énergétique et humaine. Le défi à relever est de tendre, avec Foi, Force, Courage et Détermination, à « être le changement que nous voulons voir dans le monde », pour ceux et celles que nous aimons et pour notre planète. « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible », disait Saint-Exupéry. Ensemble, rendons cet avenir possible... en Conscience

Patricia Savin
Paris, le 17 novembre 2016










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